lever_soleil


Pendant que l’aube s’infiltre à longs traits de clarté
Et que se dessinent les premières ombres de la journée,
Rien ne bouge dans la chambre, si ce n’est la fine poussière
Qui s’élève au jour, dans un ballet de lumière.
Fines particules scintillantes qui s’activent et s’étirent,
Et qui dansent libres et légères au soleil des sourires...

Et puis elles disparaissent dans un clignement de paupières.
Le seul spectateur a détourné son regard perdu dans les airs
Pour se concentrer sur la main et le bras qui l’enserrent.
Avec des gestes prudents, Il se dégage de l’emprisonnière,
Sans un bruit, sans un souffle, Il repose la main sur le drap froissé,
Et à pas silencieux, Il rejoint la farandole des danseuses affolées...

Immobile dans la lumière du soleil, Il se laisse recouvrir,
Ressentant la chaleur sur tout son corps jusqu’à s’éblouir.
Ainsi aveuglé, Il tourne lentement son regard vers le lit,
Où Elle apparaît dans une brume qui s’efface petit à petit…

Il pourrait dessiner son visage, en un savant mélange
De toutes les couleurs pâles et des blancs de l’exsangue,
Aux cernes qui dévoilent un merveilleux échange
Et aux traits reposés d’un visage qui sourit aux anges…

Elle n‘a pas ouvert les yeux, Elle l’entend qui respire.
Elle sait qu’Il la regarde faire semblant de dormir,
Mais dans la confusion de cet instant du sommeil
Elle lutte encore, se bat avec force contre le réveil…

Cette nuit là, Elle veut la revendiquer, la faire sienne
Pour que le souvenir de cette nuit de rêve lui appartienne…

Elle ouvre enfin les yeux et le regarde dans le contre jour.
-Tu m’aimes parce que nous avons fait l’Amour, dit Elle
-Mmmh mmmh…
-Tu m’aimes parce que nous avons fait l’Amour ?
-Non… Je t’aime parce qu’après la nuit, tu es tout jour…

Sourires… La nuit a réveillé le jour… Comme toujours…

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