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     Victor Hugo savait très bien décrire la passion de ceux qui aiment en secret mais qui n’osent pas approcher. Vous souvenez vous de ce passage (légèrement remanié), qui conclut  son livre « Notre Dame de Paris » ?

    « …on trouva parmi toutes ces carcasses nombreuses, deux squelettes [Esméralda et Quasimodo] dont l’un tenait l’autre singulièrement embrassé. Quand on voulut le détacher du squelette qu’il embrassait, celui qui semblait déformé tomba en poussière… »

Mourir d’aimer jusqu’à mourir pour de vrai…

    Quasimodo était un être laid, difforme, mais doué d’une âme bonne et son amour pour Esméralda était d’une pureté certaine. Si Quasimodo apparaissait à nouveau de nos jours, sans doute qu’il dérangerait les stéréotypes culturels trop bien ficelés dans nos esprits, et qu’il nous aiderait à vaincre la peur de la différence. Je pense souvent à lui quand je suis témoin de certaines bassesses publicitaires qui offrent des plastiques irréprochables pour nous vendre des yaourts dont le QI menace de dépasser le nôtre… Et un QI de yaourt froid hein !

    Je vais profiter du passage de Quasimodo dans ma mémoire pour rebondir sur une autre pensée qui se 'kangourourise' sur la trampoline tendue par mes neurones… Ne cherchez pas trop le lien direct avec l’œuvre de Victor Hugo, vous prendriez le risque de vous retrouver avec un kangourou étonné sur les genoux (sourires).

    Elle est jolie l’image d’un courtisan au pied d’une tour,
    Elle est ancrée dans toutes les histoires d’amour,
    Elle est dans tous les contes qui révèlent une Princesse
    Inspirant à son amoureux, les plus folles prouesses…

        Mais ce n’est pas toujours le cas…Dans la réalité...

     Car tapi au pied de cette tour qui s’élève, s’élève encore,
    Et d’épier en secret son sommet où se trouve la Belle, je me tords…
    Chaque palier que je gravis de cette tour d’argent,
    Me semble l’ériger plus haute à chaque instant…

    Un regard et des lèvres qui sourient, sont passés dans ma vie,
    Je leur dois d’avoir imaginé malgré moi, une amie,
    Car je redoute le jugement des esprits moqueurs…
    Et je reste en bas, dans l’ombre pendant des heures…

    Quand je n’ose pas spontanément m’avancer,
    Blessant mon âme à devenir ulcérée
    Il me faut accepter, hélas, une perte sans pareil.
    Et mes vieux ennemis et démons se réveillent…

    La peur, la tristesse, les reproches à se faire
    Qui de mon manque de courage me désespèrent,

    Alors mes mots sont réduits au silence,
    Détruisant tout espoir et tout ce à quoi je pense…


Qui donc peut se sentir l’âme d’un vrai chevalier ?
Nous bien sûr, et nous n’aurons pas besoin d’une armure…

Qui donc peut courageusement oser, braver ?

Nous encore, mais nous ne savons pas que nous pouvons le faire…

C’est de nous tordre pour épier qui nous fait devenir bossu…
Tenons notre âme bien droite ! Tout le corps suivra…

 

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