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Quand on ne doute pas que toute création merveilleuse ne peut provenir que d’un divin personnage, voilà une expression qui vient assez vite à l’esprit si on cherche absolument à trouver le sens de ce qui nous rend heureux :

 « Mon dieu que c’est beau… Mon dieu que c’est bon… ! »

Alors on s’incline humblement, et tout ce qui est nous, se transforme en une puissante ferveur destinée à remercier pour un tel plaisir…
On voudrait faire durer cette sensation de bonheur très longtemps. Le plus longtemps possible pour repousser la fin de ce sentiment au plus loin, comme si une peur nous guidait, en nous imposant l’idée qu’après ce moment ne viendront plus que la détresse et la peine…

Ce qu’on cherche ainsi, est d’étendre cette sensation jusqu’à l’infini, dans une grandeur égale à un immense océan de temps, tout en refusant d’y naviguer pour être sûr qu’il ne se termine jamais…Et ne jamais atteindre l'autre coté...

Comme par exemple, on voudrait que dure longtemps une nuit pendant les vacances quand on est allongé dans l’herbe en été à regarder les étoiles filantes, ou bien en automne quand les tourbillons du vent font s’envoler tout autour de nous les feuilles de toutes les couleurs, ou sûrement, dans les bras de nos parents, de nos enfants, de nos êtres chéris à sentir leur odeur que nous n’oublierons jamais…
Comme par exemple au bord d’une table ou d’une rivière, quand on ferme les yeux pour se concentrer sur un repas délicieux.

 Il y a tant de beautés dans ce monde… Le Printemps nous en montrera tous les jours et chaque petit coin d’espace devant nous deviendra un spectacle attendrissant nous conviant à un éternel étonnement…

Parfois j’ai l’impression que ces sensations me submergent de partout en même temps, et que c’en est trop envahissant mais que finalement je ne tenterai rien pour l’empêcher. Mon cœur se remplit alors comme un ballon prêt à exploser, devenu tout rouge de retenir sa respiration.
Et là je comprends qu’il faut lâcher prise aux aigreurs qui nous harcèlent durant notre vie, et là je comprends qu’il me faut arrêter de me raccrocher à elles, et au contraire de les laisser glisser sur moi comme le ferait la pluie.

Ne plus rien éprouver d’autre que de la gratitude pour chacun de ces instants qui honore notre insignifiante petite vie…

Un jour, pourquoi pas aujourd’hui, le comprendre, nous comprendre…
Ne plus affronter la Terre, mais frôler ses limites, jusqu’à parfois celles qui sont mortelles, dans des actes insensés qui amènent à ressentir dans nos artères une décharge d’adrénaline qui bloque toute respiration tellement c’est beau et intense.

Entraîner son corps à ressentir une explosion de bonheur… Le petit ballon tout rouge qui est tenu captif en nous et qui ne veut que laisser exploser sa joie…

Plus intimement proche de nous que dieu, peut être devrions nous, nous remercier nous-mêmes d’avoir saisi et ressenti une belle émotion en contemplant un paysage ou un spectacle de création pure de l’Art sous toutes ses formes…

C’est le Printemps aujourd’hui… Merci la Vie !
Merci ma grande, aujourd’hui tu es trop jolie !

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