08 juin 2007
La lampe d'ArlequiN...

Caléfaction:
Phénomène physique par lequel une goutte d'eau jetée sur une
plaque
hyper chaude, reste soutenue en l'air sur le nuage de vapeur qu'elle
émet... C'est beau la physique non? Moi j'aime bien ce mot et ce
phénomène ;o)
.
Parfois
la pensée bouillonnante lévite les mots et les maintient à une étrange
hauteur de compréhension…Sans plus aucune attache avec le réel
complaisant du langage … Un
peu comme la caléfaction soulève une goutte d’eau…Un peu comme la
raison quand elle n'est plus retenue et qu'elle se propage en
lignes d'écriture un peu folle...
Sinon à part ça, je vais très bien je vous rassure... Quoique...Après avoir lu ce qui suit, je pense que mon conte est bon pour l'asile... (sourires)
.
La Lampe d’ ArlequiN
(A moi conte ! De mots !)
C’est
pourquoi il s’était jeté hors du tableau de son Maître et restait sur
un banc pendant des heures.
Il n'avait plus supporté de vivre au
crochet des murs… Mais ça, personne ne pouvait l’imaginer.
C’est sa curieuse silhouette que le gardien du Musée surveillait d’un œil inquiet. L’oeil du préposé aux Hautes Oeuvres tournait sans cesse dans son orbite éfroncément sourcillée, et le préposé boutondoré dans un uniforme lui conférant une allure fière, sans doute celle d’un général de trait, tournait lui, mais en sens contraire, autour du banc, cherchant à débusquer dans les méandres de son propre cerveau, la folle lie de son entendement…
Quelque
chose perturbait le préposé inquiet…
Qui était donc cet étrange visiteur qui
s’intégrait si bien dans la galerie des peintres surréalistes, jusqu’à
y passer des heures ? Un voleur ?
.
C’est ainsi que suite à une plainte en due forme et trois exemplaires, adressée à la police des Musées, je fis la connaissance de l’ « inquiétant » curieux personnage…
.
Il était assis sur un banc et me sourit largement quand il vit que je m’approchais de lui… J’eus l’étrange impression qu’il m’attendait, tant son visage et ses yeux s’étaient illuminés. C'était un bon point de rencontre. Après les quelques paroles d’usage pour nous présenter, l’incohérence et la douceur de ses paroles finirent d’évacuer tous les soupçons de malveillance.
D’un petit dossier qu’il serrait contre lui, il m’offrit des images racontant toutes ses histoires, les racontant comme si elles avaient été peintes avec des pinceaux auxquels il devait certainement s’agripper quand on lui empruntait son échelle. Il me montra les toiles une à une sur les murs et m’expliqua ce qu’il avait découvert dans chacune d'elles. Mon étonnement allait grandissant de découvrir son savoir, et toutes ses explications me séduisaient doucement à mesure que je l'écoutais.
Il ne possédait plus les clefs de son royaume, il les avait perdues elles aussi, avec sa raison, mais la porte restait grande ouverte pour lui permettre de se promener. Il ne se souvenait pas non plus de ses parents. Seule la forme ronde de la Lune lui rappelait vaguement quelque chose quand elle venait lui souhaiter bonne nuit dans le ciel… Il m’expliqua que parfois elle ne pouvait venir, alors il s’angoissait et la cherchait partout dans le ciel, tournant sur lui-même pendant des heures sans pouvoir dormir…
.
Dans le monde des fous j’erre, merveilleux végétal
Dans le monde des fous remis, je suis une Reine
Dans le monde des fous du Roi, je suis vous et moi,
Dans le monde des fous toi de moi,
Dans le monde des fous…
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Malgré mon enquête, jamais personne ne sut qui il était vraiment. Un doux fou, mais un fou d’où ? Son origine est restée secrète, d’un endroit que les fous taisent… Mais où parfois, j’aimerais bien le rejoindre si le flou dans lequel je m’étais dilué en conjectures n’avait pas aussi effacé les apparences. Lors de cet interrogatoire, un trouble m’avait envahi et diffusait une sensation de légèreté et de sérénité que je ne cherchais plus à contenir…Ni à expliquer d'ailleurs…
Le lendemain je me surpris donc à le rencontrer dans la même allée du Musée. Nous avions échangé un sourire et chacun d’un côté du banc nous nous étions immobilisés dans la contemplation des nouvelles Oeuvres qui étaient exposées, celles de Magritte que je décodais parfaitement sans aucun effort. Le plus étonnant c’est que ça ne m’étonnait pas.
Tous les jours je venais m'asseoir sur le banc et le gardien du Musée très très intrigué tournait autour de moi, puis il allait voir mon compagnon, mais ça ne nous dérangeait pas… Lui, le préposé allègrement allègre, ça l’angoissait toujours autant manifestement, mais tout aussi curieusement je sentais qu’il allait de mieux en mieux, je ne sais pas, une lumière nouvelle dans son regard… Peut être nous aborderait t’il un jour, il y a trois places sur notre banc…
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Juste avant la fermeture, nous passons toujours devant le banc d’autres habitués que surveille également notre gardien. Mais eux sont là pour lire et écrire toute la journée. Nous les appelons les « blogueurs » mais ne me demandez pas pourquoi. C’est chaque fois l’occasion de les saluer avant d’aller dormir sous les sourires de la Lune.
Ah oui je ne vous ai pas dit ! Ce soir elle sera douce comme un croissant…
.
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D'après le thème "La conjecture du Fou" proposé par le site des Impromptus Littéraires...
Commentaires
Seulement trois places ?
on dirait un ange...
Dans l'Inter ligne c'est Net : ))
Bravo !!
Bises au travers de la fenêtre.
S'endormir avec un sourire de lune et se réveiller avec un clin de soleil, si c'est ça être fou, alors, j'entre la danse de la démence ! Bisous ennivrants.
Le miracle de l'imagination et du rêve, nous en faisons des voyages dans ce monde fabuleux, et....ils ne coûtent pas cher.
bisous d'une zibulinette qui veut bien avoir sa place sur ce banc
"l'amie qui soigne et qui guérit, la folie qui m'acompagne et qui jamais ne m'a trahie... champagne!"
Comme une bulle remontant dans l'esprit, une envie de fou rire.. mais le rire est-il fou?
Folle lie bergère... jolie bergère envie de danser autour des moutons de la pensée
Je suis la folle alliée du fou à lier... envie de fôlatrer près d'une camisole affolée.
Fou d'aise n'est pas foutaise.. il n'y a de fou qui se taise.
Bises affolantes et feux follets ;-)
Ange
Je viens d'écrire ces quelques mots chez Mercedes, et j'ai envie de te les dire aussi (il y a un lien pour moi avec un stage que j'ai animé dimanche dernier !) :
"Qu'en sera-t-il de notre corps ailé
Saurons-nous avec lui nous déployer
Ouvrir nos bras, nos coeurs et nos idées
Et dans le ciel azur nous envoler"
La cerclitude du carré croissant...
Quichottine…Seulement trois places ? Sourire, grand sourire, très grand sourire…je te vois venir tu sais, tu vois déjà ton amphi dans ce Musée… J’t’ai à l’œil ! ;o)
Wictoria… Il est effectivement un Ange VV… Comme tous mes personnages qui traversent des espaces supra-surnaturels… Je t’embrasse VV
Claire Mareuil… Et dans l’Internet c’est digne ? :o))) Bises au travers du même écran… C’est quand même bien cette invention ! S’il n’y avait eu qu’un côté aux écrans, c’était fichu… :o)))
Zébu… Et bien viens dans le Sud, c’est le même spectacle tous les jours… !!! Bon, c’est vrai aussi qu’on a beaucoup d’imagination pour palier aux jours de grisaille quand il n’y a plus de rayons sur les étagères (et vice versa)… ;o)
Pendant qu’on se concentre sur le soleil, plus rien ne nous atteint ;o) Bises Zébu.
Zibulinette… Tu as raison, c’est pas cher du tout…Il suffit d’une déconnexion pour atteindre le portail et s’envoler pour un surf sans limite… C’est le tenretnI, , une sorte d’ Internet à l’envers… ;o) Bisous douce mamie…
Anna… Oh toi, tu as envie de te défouler !!! ;o) Et bien Anna tu tombes bien avec ton commentaire. Je sais bien que tu n’aimes pas les contes (Vi je prêche le faux !!!) mais il y a une suite à écrire, qui pourrait porter le titre de « L’habit d’Aladin »… Qui sait ce que la carpette volante toute patchworkée aux couleurs d’Arlequin pourrait découvrir dans un autre art que la peinture… ? Pourquoi pas l’écriture sur des pages comportant plusieurs faces ? Tout le monde connaît recto et verso, mais n’y a-t-il pas autre chose ? Les mots sur une page sont ils vraiment abandonnés par leur créateur… N’ont-ils pas une vie figée que pour certains lecteurs… ? Voilà voilà voilà… Bises follettes Anna… A toi l’entonnoir sur la tête :o)))
Tisseuse… Tu as le chic pour souvent m’entraîner dans la phonétique…Je n’en parle pas beaucoup sur ton blog, (because à la longue j’ai peur que mes jeux lassent un ti peu) mais à la troisième lecture j’ai entendu « le corrélé » (Corrélation)… Qui colle parfaitement avec le reste … Ça c’est depuis que tu as coupé tes cheveux, j’en suis sûr !!! :o))) Bisous Tisseuse…
Je me suis abandonnée à la réverie suite à ma lecture de tes mots.. que j'en ai oublié de t'en remercier. Je dois de plus filer... je cours au musée pour guetter un ami de ton doux fou. ;-)
@+
dans ce monde de fous
il rêve d'une fleur
au parfum simple et doux
qui l'enveloppe de douceur
dans ses rêves de fou
il cherche le bonheur
juste un petit bijou
à serrer contre son coeur
est-il vraiment fou
de chercher l'âme soeur?
il attend ce rendez-vous
son soleil, sa lueur
bisous et bon dimanche....
Dans ce monde de fou
Parfois je garde encore espoir
Je me bats contre le noir
Mes mots deviennent doux
Dans ce monde fou
Chacun a droit à sa place
Quelques bisous
Pour te dire que le temps passe ....
Dans le ciel, un croissant de lune est venu m'apporter la parole d'un fou... Alors ce soir, j'ai cassé mon miroir pour ne plus voir le visage de la folie.
Douce nuit hombre...
En Afrique, il n'y a pas si logtemps que ça,la folie n'était que l'expression d'une grande sagesse..Elle nous fascine, nous interpelle, surtout moi vu le job que j'ai, mais surtout elle nous est familière. En effet, nous avons tous, à un moment ou un autre, été habités par des idées ou des pensées étranges.... Là où nous pouvons nous rassurer, c'est qu'il n'y a jamais, selon Montesquieu, de sagesse sans un grain de folie... A méditer, je t'embrasse MPierre
Lampe à l’oxygène…
Douja… Un ami au musée… ? Dans le conte je parle d’un personnage…Ce qui ne signifie pas qu’il ne s’agisse pas d’une femme… Qui n’aurait pas de peintures sous le bras, mais un appareil photo dans les mains… Sourires… Donc facilement reconnaissable…Sourires et Bises
LittleSun… Je pense que tu as remarqué que tu ne savais plus que t’exprimer en vers… Hé hé hé… Tu es fichue pour un haut poste dans l’administration… Bisous toi…
Elle… Bein toi c’est tout comme notre petit soleil… (juste au dessus…) Que va-t-on faire de nous ????
Laudith… Casser le miroir pour ne plus voir la folie… Hum hum… C’est dommage, on ne verra plus le temps qui passe sur nous, et en plus avec les éclats de verre on risque de lui couper la parole…sourires…bisous au nord…
Marie Pierre… Sagesse folie… Le sage ou le fou de quelqu’un d’autre…
♪Le premier de nous deux qui pensera aura une sagesse ♫ Wouarrrff ! Bisous petite cousine…
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