a_xiste_pas_005


Une petite chaise, un petit bureau,
Une mauvaise posture, un stylo,
Un bras savamment replié
Comme une règle à ne pas dépasser.
Un petit bout de langue à tirer,
Et au milieu, une feuille de papier…

La marge est bien en évidence,
Bien à gauche, séparée d’un trait,
Pour tout bien délimiter…
Rien ne doit dépasser…
C’est très bien, « à l’évidence »…

La concentration s’installe parfaitement,
Concentration du petit auteur
Mais aussi celle qui l’entoure de cadres réducteurs.
Voilà le sujet ! Vas y dessine, écris, crée maintenant !

Il y va, il a compris la technique,
C’est difficile, mais il s’applique
De la gauche vers la droite
De haut en bas,
En libérant assez d’espace,
Des interlignes pour faire de la place.

Et puis surprise !!! Voilà plein d’autres idées,
Qui n’ont rien à voir, mais n’ont pas manqué d’arriver.

Car à côté se trouve la fenêtre,
Elle est rarement ouverte en cette saison
Mais, si elle est placée là, c’est qu’il y a une raison.
Une bonne, à n’en pas douter…Peut être…

N’est ce pas à cause d’elle que la tête se lève,
Détourne son regard, hors des bordures
S’arrachant des spirales et des coutures
Où on voulait enfermer l’élève .

L’esprit aurait il besoin de s’évader
Pour exprimer ce qui le rend heureux ?
Ou bien a-t-il besoin d’être prisonnier
Pour écrire ce qui le rend malheureux ?

Le bonheur est à l’extérieur,
Ça tout le monde le sait,
Plus on aspire à le trouver,
Plus on s’évade du malheur…

Quand sera t’il temps de découvrir
Ce qui nous fait vraiment plaisir ?
Ce qui nous manquera le plus
Quand on ne l’aura plus…

Ouvrir son cahier d’écolier,
Faire un pas dans la marge, puis un autre
Glisser le pied arrière vers le plus avancé.
Les deux  ensemble, bien serrés,
Sauter dans une flaque…Puis une autre…
Et s’éclabousser de liberté…

 PS :
J’ai illustré ce billet avec un poème de Jean Tardieu.
(La môme néant, Monsieur Monsieur)
Amusez vous à le lire, n’hésitez pas à imaginer les personnages. Qui sont les personnages que votre conscience vous suggère ? Qui mettez vous en scène ?