Pour finir, ou pour commencer, je vous propose un conte.
Résolument en deux parties... Résolument décalé
Et ils tombent bien ces "résolument"...

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C’était comme une Nuit sans Lune, mais chuuuuuttt…
C’était comme une rivière dont les remous sont à peine audibles…
C’était comme une petite Luciole s’amusant à luire dans le calice d’une fleur.
C’était comme, il était une fois…

Il était une fois, une petite Luciole qui jouait avec sa lumière et faisait apparaître tout autour d’elle des milliers de lueurs, semblables aux minuscules paillettes affolées dans une boule de verre qu’on agite. La petite Luciole fascinée et émerveillée, se laissait emporter par les mouvements colorés jusqu’à ce qu’elle se sente très fatiguée…Ses paupières devinrent deux grands sourires, se fermèrent et la petite Luciole s’endormit dans le lit que lui offrait la fleur…
Quand soudain, tout bascula dans une fulgurante étincelle…
…Pfffffuuuiiiiiitttttttttt…

La Petite Luciole s’éveilla d’un profond sommeil.
Et alors qu’elle étirait délicatement ces ailes,
Elle devint inquiète, quelque chose l’embêtait.
Elle sentait bien que quelque chose avait changé,
Mais plus surprenant encore, elle n’avait pas…Rêvé…

Comme tous les matins, elle s’approcha d’une goutte de rosée
Pour faire sa toilette devant ce miroir improvisé.
La vue de son visage la troubla. Tout nouveau et parfait !
Ses pattes, son ventre et ses ailes n’avaient plus les mêmes reflets !
Pendant la nuit, la petite Luciole était devenue cristalline !
Ce qui la comblait n’était  pas seulement cette transformation,
Elle n’avait pas prêté à ce qui l’entoure, toute son attention,
Car depuis son réveil elle était bercée par une chanson.
Alors elle s’envola pour approcher la source harmonieuse,
Et tout son corps se mit à rayonner de lumières joyeuses…

La petite Luciole découvrit une jeune Indienne qui chantait...
Vers l’espace infini, ses paroles étaient transportées
A toutes les planètes, jusqu’à bercer la fleur apprivoisée
D’un petit garçon parti explorer les confins de l’Univers…
Délaissant son minuscule royaume stellaire
A la découverte d’un nouveau monde planétaire,
Ce petit garçon apprenait de merveilleuses histoires.
Sa course sur la Terre paraissait sans aucun sens, illusoire,
Mais il suivait une étoile dans le ciel, et ce n’était pas une comète…
C’était un tapis volant, une carpette
De laquelle dépassaient deux visages,
Qui fredonnaient ensemble un étrange message,
Dans lequel on pouvait entendre les mots rêve, et bleu…

Guidé par le choeur de Yasmine et d’Aladin,
C’est ainsi que ses pas le menèrent à l’orée d’un chemin
A la rencontre d’une jeune fille aux longs cheveux noirs,
Qui attendait ce moment, en  chantant près d’une rivière…
Un peu essoufflé et de marche lasse,
Le petit garçon aperçut Pocahontas…

Ils partagèrent de simples bonjours et ils s’observèrent...
Lui était blond comme le souvenir d’un champ de blés,
Elle était d’un jais luisant comme le ciel d’une nuit d’été
C’est ce qui les étonnait et animait leur conversation...

Mais quel était ce grondement tout à coup ?
C’était l’orage qui s’approchait et assombrissait tout sur son passage.
La petite indienne se leva très vite et fit signe au petit garçon de la suivre. Lui n’était pas inquiet, cette manifestation dans le ciel était pour lui un nouveau mystère à découvrir. Dans le noir de la forêt, déchiré par les éclairs éblouissants, la petite Luciole les suivit de plus en plus terrorisée.
Après un temps de marche forcée au milieu des arbres, Pocahontas se rendit compte qu’elle était perdue et ne retrouvait plus son village. C’est à ce moment que la petite Luciole fonçant tout droit pour échapper aux éclairs, les devança, vrombissante de toutes ses ailes en survitesse.

Ils la suivirent ne la quittant pas des yeux, et aperçurent enfin une lumière à la fenêtre d’une maison. C’était une vieille chaumière toute délabrée dont la porte s’ouvrit au bruit de leurs pas précipités.
Un vieil homme portant une longue barbe blanche apparut sur le seuil. Impassible, il les observa, pendant que Pocahontas faisait de même, mais avec un sentiment de crainte dans le regard.
Qui était ce personnage aux habits de magicien? Pocahontas se souvenait des recommandations de ses parents, elle ne devait pas approcher une maison habitée par un homme médecine très puissant. Mais ce vieillard était il Merlin ? Merlin le Mage ?
Ils n’échangèrent que peu de mots, Merlin, car c’était bien lui, d’un ton très rassurant les invita prestement à entrer et à s’asseoir aussi vite auprès du feu. Ce que fit sans discuter la petite indienne pour fuir les éclairs et le tonnerre, tirant par la main le petit garçon qui salua très poliment son hôte en souriant. Pour lui, les rencontres étaient toujours une source de connaissance.
Merlin avait gardé une main sur la poignée de la porte et continuait de les observer. Sa main libre lissait sa longue barbe.
Certes il attendait quelqu’un, mais il était surpris de les voir. Quelque chose clochait… Les forces de l’imaginaire, pourtant si précises, avaient omis un détail. Et pas le moindre….

Au dehors, il se passait quelque chose de terrifiant. L’Univers était très en colère… Un jugement apocalyptique avait condamné toutes les petites terres intérieures, les "En-Nous" et menaçait directement les êtres qui détenaient ces petites parcelles, les cultivaient chacun à sa manière. Cet orage extraordinaire était le premier persécutant.
Merlin savait ce qu’il convenait de faire, mais il était très intrigué.
Il ne devait rencontrer qu’un seul enfant…Et ce soir ils étaient deux…
La prophétie était elle erronée ? Merlin très perplexe s’installa à la table des préparations magistrales, se saisit d’un grand livre à la couverture de cuir rouge et l’ouvrit en son milieu. Il compulsa, tourna les immenses pages, sauta des chapitres, chercha pendant de longues minutes, mais manifestement, il ne trouvait pas la solution dans son vieux Grimoire.
Très silencieux sur son perchoir, le Grand Duc avait dressé ses aigrettes.
Il y avait dans la pièce une petite Luciole aux couleurs vives, et ça l’inquiétait.
Il n’osait pourtant prononcer un seul hou. Il ne voulait pas déranger Merlin qui avait négligemment posé son chapeau, à côté de lui sur la table aux épices et se tenait la tête entre les mains… Il réfléchissait maintenant…

Les enfants chuchotaient, prés de la cheminée dont les reflets des flammes pétillaient dans leurs yeux. Ils parlaient doucement tout en scrutant la pièce qui débordait d’étranges flacons couverts de poussière. Enfin, Merlin se redressa et recoiffa le chapeau sur sa tête. Il pensait avoir trouvé, mais il fallait faire vite…

Il ne restait qu’une solution d’influence, et Merlin l’imaginait de la dernière chance ...

A suivre...