Connaissez vous la chanson Untitled, du groupe canadien Simple Plan ?  Je l’ai utilisée en fond sonore pour un montage, mais je n’avais pas encore vu le clip vidéo qui supporte cette chanson(Vous le trouverez au milieu du billet)
Il s’agit d’un petit film, parfaitement réalisé et monté, racontant un fait divers lié à la voiture et à l’alcool. En quelque sorte, la promotion d’un single et un peu de prévention routière réunis en un seul morceau…

Je ne souhaite pas passer pour le moralisateur de service, mais...                        

prevention_routiere

 Elle doit aller vite ! Elle a quoi dans le ventre, cette voiture ?
   …Une Vie…Plusieurs…Qui dérapent à la même vitesse…

La Vie est le meilleur des professeurs qui soit, et nous sommes tous ses apprentis…
Les leçons de la Vie sont quotidiennes, les (simples) plans de cours se suivent, parfois inégalement, imposent des devoirs à remplir ou des efforts de compréhension, obligent à des mises en situation, nous enthousiasment souvent, et de temps en temps nous dérangent à cause des matières que nous trouvons un peu trop inintéressantes, rébarbatives…Répétitives…

Mais c’est la nôtre d’Ecole, notre école qui n’a rien de buissonnière, et où nous sommes tour à tour acteurs actifs et passifs…
Toujours présents…  
Jusqu’au jour où nous n’apprendrons plus rien, car nous ne pourrons plus rien apprendre…
Rendus absents…

Durant nos premières évolutions, de la petite enfance à l’âge de toutes les raisons, apprendre que nous sommes mortels est un passage obligé que nous franchissons d’abord doucement, insidieusement, puis de plus en plus précisément… Ainsi, progressivement, fatalement, nous apprenons que chacun devient un jour, l’égal de tous les autres.
La prise de conscience de l’éternité très relative de nos chairs peut parfois résulter d’un choc nous projetant dans le pare brise de l’insouciance…

Le clip vidéo ci-dessous me rappelle aujourd’hui une leçon terrible, celle qui s’intitule: Apprendre l’insupportable, ou comment l’alcool désinhibe, entre autres blocages, toutes les timidités pour faire la fête et s’amuser, mais comment il peut aussi inhiber la Vie.


Je me souviens…
-Et bein tu sais pas, à l’école, la maîtresse elle a dit que Aurélie elle était morte avec son petit frère dans un accident de voiture… Et que c’était à cause d’un monsieur qui avait bu beaucoup d’alcool…

Dans le regard innocent qui annonce cette nouvelle, n’apparaît pas encore la compréhension de ce qu’est exactement la mort accidentelle ni tout le malheur qui l’entoure de ses tôles froissées.
En réponse à ce genre de déclaration on se sent investi d’une nouvelle mission d’éducateur. Et très doctement on s’élance à la barre d’un grand tribunal pour une plaidoirie dénonçant les méfaits de l’alcool, de la drogue et autres adjuvants mortels sur les routes… Sur les routes et…partout, tant qu’on y est…

Et puis il naît un sentiment de peur agissant comme une main gigantesque qui vous broie toute la poitrine… Aurélie et son petit frère étaient innocents eux aussi, tout comme le petit être qui se tient devant vous, qui vous écoute les yeux grands ouverts d’incrédulité, qui vous regarde avec cette candeur fragile que bien des parents n’oublieront jamais, même après que les enfants soient devenus grands et responsables.

Rarement, pour un fait de société, je n’ai vu des images aussi justes, aussi parlantes et autrement plus évocatrices que tous les mots… Images, message choc de ce que peut provoquer un mal terrible quand la plus mauvaise des nouvelles explose tout sur son passage…
-C’est du déjà vu tout ça !
-Oui c’est vrai, à la télé… Mais on le voit encore tous les jours sur les routes…

Rabâcher est inintéressant, mais j’ai envie de répéter quand même, jusqu’à ce que la leçon soit vraiment comprise, jusqu’à ce que les esprits intègrent qu’il suffit de peu de chose pour le pire.
Mais aussi et c’est tellement plus simple, qu’il suffit de peu de chose pour le plus heureux, quand par exemple le capitaine de soirée a pris son rôle vital très au sérieux, quand les amis insistent et proposent un divan pour finir la nuit confortablement allongé plutôt que sur le macadam d’une route, quand il suffit du simple conseil que pour quelques euros, un taxi permet de prolonger nos courses à travers… La Vie…

Je pense  à « tous ceux » qui oeuvrent ainsi pour éliminer ces malheurs. Pour éliminer cette connerie irréversible…Je n’oublie pas leur intelligence, je ne les oublie pas, eux, les « tous ceux »…Qui ne cèderont pas…

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