Toutes les îles d’un archipel sont d’origine volcanique et sont reliées entre-elles par un gigantesque réseau sous marin. Toutes ces pointes de terre dépassent de la surface de notre planète, devenue au fil des temps un immense cratère noyé par la mer et inondé par les océans. Sous chacune des îles palpite la même artère, dans laquelle circule la même lave.

Il en est de même pour les humains. Ils sont les îlots mobiles d’un archipel à la surface du Globe et partagent la même veine émotionnelle qui les nourrit … Il en est de même du Blog où des écrivants diffusent, fusionnent leurs émotions, les propulsant vers le plus haut du ciel avant qu’elles ne retombent pour créer une terre.

Ainsi, à l’instar des explosions éruptives, du plus grand Tambora dévastateur jusqu’à la plus insignifiante fumerolle, les différences dans l’expression écrite ne doivent pas nous faire oublier que l’envie d’expulser ce qui brûle est la même. C’est pourquoi aujourd’hui je vais laisser la place à un IL, petit geyser comme il y en a tant, bloqué par un gros rocher confus mais lourdement posé en plein sur sa patate.

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La douleur viendra le moment venu, à ce moment qu’elle aura choisi, disait-il…
Il ne pouvait pas l’empêcher de venir et s’était préparé depuis longtemps à l’accueillir.
Pendant de longues années passées à ne rien refuser à cette peine profonde, il avait appris à reconnaître sa venue… Tous les ans à la même époque…
Et c’était définitivement aujourd’hui.

Il l’avait vu dans son propre regard un peu trop longtemps attardé sur l’image que lui reflétait son miroir et où le visage d’une petite fille prenait la place du sien. Seules la blondeur des cheveux et la couleur des yeux étaient différentes. S'attardant plus encore devant le reflet, il avait ressenti la chaleur et la douceur de son petit corps contre le sien, porté tendrement dans un enveloppement des bras.

Peut être tentait il de s’en souvenir... Peut être en était il sincèrement convaincu. Il l’était sans doute, il le voyait dans cette image, mais alors pourquoi était-ce si difficile cette fois ? Pourquoi ?
En partie à cause de la dépendance de plus en plus grande dans laquelle il était de ses sentiments, pensa t’il, en partie à cause d’éléments extérieurs comme le déclin de la Terre.
Puis il y avait ce regain de tristesse pour tous ceux dans le monde qui souffrent de l’abandon de toute compassion humaine.
Puis il y avait ce sentiment de dégoût, confus et laid, pour tous ceux qui en étaient les responsables, tous ceux qui étaient coupables à ses yeux de plus en plus voilés dans un tourbillon pénible d’émotions négatives.

Toutes ces choses mises ensemble, avaient une manière bien à elles de brouiller ses  pensées, de faire paraître noires et  douteuses les choses les plus colorées et les plus nettes.

Quand sa vue se brouilla trop, il se prépara un café et sortit sur la terrasse.
Des yeux il chercha ne serait ce qu’un bout de l’horizon du monde, mais il avait disparu. Accoudé à la rambarde il se laissa aller…Et ferma les yeux… La douleur s’engouffra en lui et se propagea jusque dans ses larmes…
Il le fallait, pour être heureux dans quelques jours…

 PS : Ça va aller maintenant, il était juste nécessaire que je l’exprime ici, sur son blog…

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