Amourpointcom

Amour, tendresse, raison. Ni haine ni déraison... Emotions, Vie du Présent

06 juin 2008

Mare Tranquillitas, Incognita…

Insérés dans le texte ci-dessous, deux vers célèbres de Victor Hugo.
Avec toute mon admiration, merci cher Poète éternel. Voilà….

reve


La dernière fois que j’ai embarqué sur un bateau à vent, je m’en souviens très bien, c’était après avoir lu les Contemplations du  Petit Prince.
Nous étions combien de marins, une dizaine tout au plus, parés à manœuvrer un courageux vaisseau commandé par combien de capitaines, un seul,
un conquérant des mers qui vivait intensément sa passion et ses voyages s’il faisait face aux bourrasques fouettant son visage. A tel point que même par vent nul, sa chevelure et le plissement de ses yeux en conservaient la mémoire.
Nous étions tant, entraînés depuis des mois à dépasser les vagues, et ainsi gagner la course sur le grand large, si nous pouvions franchir la ligne d’horizon les premiers…
C’est dire si notre motivation était ardente.

Pendant tout le temps que dura la sortie du port, je m’en souviens très bien, je me tenais au pied du grand mat et fixais sa pointe qui semblait disparaître dans le ciel.
Quand les balises vertes et rouges furent assez éloignées, le capitaine ordonna de hisser la grand-voile et je me souviens assez bien avoir empoigné vigoureusement le bout (la corde si vous préférez). Je m’en souviens bien car ce filin était composé de lignes roses et blanches, comme un bâton de guimauve.

Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne m’en souviens plus très bien, mais empressé de bien faire je tirai très fermement la drisse principale et d’un coup nous fûmes plongés dans le noir. Dans un noir immense, sans fin, uniquement dévoilé par la clarté des étoiles.
Sur le pont, le silence. Aucun n’osait plus prononcer un mot.
Ce moment d’étonnement fut long, très long, uniquement peuplé d’étranges réponses qui semblaient s’éloigner des bonnes questions.
Comme dans un canot à la dérive…

Lâchant vite la drisse je me tournai vers la poupe où le capitaine, solidement agrippé à la barre, jaugeait la situation de ses yeux dangereusement ouverts, leur imprimant un mouvement de tangage de la pointe du mat à mes mains, et inversement pour se planter enfin sur mon visage. « Ainsi donc, moi qui ai voyagé sur toutes les mers du monde, frôlé les pires dangers qui affleurent, bravé les tempêtes hurlantes qui ouvrent la mer pour engloutir les marins, je me retrouve maintenant avec mon bateau dans une situation des plus périlleuses » semblait il me dire. « Et tout ça par la faute d’un rêveur qui veut jouer avec le réel » marmonna t’il enfin pour ajouter à sa sentence.
Je m’en souviens très bien car dans les moments d’intenses reproches, le rictus qui soulevait sa pommette gauche, à bâbord, était très explicite d’un jugement divin que seul le maître à bord après Dieu pouvait prononcer.

-Capitaine, ô capitaine, vous n’allez tout de même pas croire que j’ai affalé le ciel en tirant sur cette drisse? M’exclamai-je pour ma défense.

-Non petit, c’est le contraire... Commença-t'il sans desserrer les dents. Tu as simplement « fixé » le haut du mat dans le ciel et en tirant de toutes tes forces tu as soulevé mon voilier à une hauteur folle ! Et ça, vois tu, c’est un axe de déplacement qui n’existe dans aucun manuel de navigation. Si tant est que se retrouver la quille en l’air puisse évoquer autre chose pour les navigateurs… Alors maintenant, le petit rêveur va monter à la pointe du mat, nous décrocher et laisser aller…DOUCEMENT ! Tonnerre-de-Brest-tonna t’il en tapant sa jambe de bois sur le pont. DOUCEMENT ! Ou bien le pied marin qui me reste, je te le fiche au derrière pour te jeter par-dessus bord !

C’est ainsi, sans plus aucun espoir irraisonnable, que je saisis à nouveau le filin.
Pendant la descente nous croisâmes un étrange vaisseau blanc, flanqué de minuscules ailes qui lui permettaient de faire la « Navette » entre Terre et Ciel. Chacun de ses hublots encadrait un visage stupéfait…
Mais dépité et lourdement épié par les regards chargés de reproches de mes compagnons, je n’avais plus le cœur de leur demander s’ils étaient heureux de flotter ici, sans attache, sans but et sans jamais apercevoir une ligne qui délimitait l’horizon… Car c’était celui là mon rêve...  

Un dernier regard vers l’étrange vaisseau et je laissai filer la drisse entre mes mains.
Doucement capitaine…De plus en plus doucement moi-même, à mesure que la lumière se faisait plus intense…
Réveil…

.

PS:
Pour les physionomistes, Louise Nurding / Redknapp was here.
Je l’ai incrustée dans l’image, juste pour sa frimousse si expressive. Je doute qu’elle have a dream de voyageur stellaire, mais c’est certainement parce qu’elle est déjà une « star » outre-Manche. Merci Louise pour ta participation sur le photomontage, je t’embrasse.
Ici, dans le virtuel, je peux largement me le permettre. ;o)

J’explique le titre maintenant. Mare Tranquillitas, Incognita…
En 1969, d’après ce que rapporte la bande enregistrée de l’alunissage, un certain Armstrong a posé un aigle sur la Lune, au beau milieu de la Mer de la Tranquillité.

Je le dis maintenant avec beaucoup d’humour, Armstrong s’est retrouvé les pieds dans l’haut, mais à l’époque, en 1969 donc, ça ne me faisait pas rire, mais bien rêver… J’en rêve encore…

.

Posté par amourpointcom à 20:08 - Contes - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

...

Hello!!!!!! alors moi, victor hugo j'suis 100% pour, mais pas à 5h44 du mat, alors j'lirai ce soir(ptêtre). Là j'viens juste te faire un super coucou et un super bisou!!!! Bye PA de là bas!

Posté par THE BEAR, 07 juin 2008 à 05:45

Sympa ton blog. Belles images et une atmosphère difficile à définir, mais au final c'est agréable.
Bonne contnuation

Posté par Alain P., 07 juin 2008 à 07:40

t'es vraiment un Pierrot lunaire, toi ;-)
et effectivement, les marins, qui sont des gens qui ont les pieds sur terre, doivent te prendre pour un drôle d'oiseau :o)

je te souhaite un bon week-end Serge, rempli de beaux rêves

Posté par Tisseuse, 07 juin 2008 à 07:44

Rêve endormi ou éveillé ? Qu'importe ! j'aurais bien braver mes maux de mer et d'air pour t'y accompagner.
Mais...sans Victor Hugo qui, bien qu'excellent écrivain et poète, n'était pas (parait-il) un homme bon.
PS as-tu aperçu la fée Clochette ?

Posté par , 07 juin 2008 à 10:34

Je suis, bien volontiers, Victor Hugo dans son Génie littéraire mais pas sur son " rafiot" je suis née sous le signe de l'eau, elle m'attire mais j'en ai une peur " bleue"

Zibulinette et ses bisous

Posté par zibulinette, 08 juin 2008 à 10:16

~.~

Il est bon de rêver, c'est ce qui permet de nous évader dans le fantastique...

Ton montage comme d'hab est superbe et cette chanteuse est super belle.

Ah ! l'année 69... année érotique, si, si, un célèbre Gainsbourg le chantait... tiens !!! c'était l'année de mon mariage, je voulais dire de mon ex mariage... ;o))

Regarde la lune, ce soir, il y a un bisou, d'une ch'tite, posé là-haut pour toi.

Bonne semaine Serge.

Posté par Laudith, 09 juin 2008 à 14:25

invitation

bonjour
puisque tu aimes les mots je t'invite à venir partager tes ecrits avec nous sur http://palmiereveur.forumparfait.com et faire connaissance avec d'autres ecrivains
merci d'accepter l'invitation
amities!

Posté par poete, 09 juin 2008 à 17:23

Après ce superbe conte, ça me paraît logique de donner la parole à Victor. Gros bisous qui vont vers toi toutes voiles dehors !

Oceano nox

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée.
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !

On s'entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

On demande : - Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? -
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!

Posté par zebu32, 10 juin 2008 à 04:08

...émotion

...quelle émotion de lire tes textes,Serge,en revenant de mes vacances en égypte,et j'ai pu voir ces visages ridés des marins et leurs regards sombrés de fatigue et de désespoir,car une fois de plus la pêche était maivaise et la faim restera présente une fois de plus.....

merci Serge de pouvoir partager des moments forts d'émotions
Bises

Posté par Lucie, 10 juin 2008 à 14:33

Oceana, au plus haut des cieux...

Petit BEAR… Tu repasses quand tu veux, et à ton rythme ! N’hésite pas à taper dans ton temps de libre !!! :p Bisananges !

Alain P… Atmosphère… ? Veux tu parler de cette petite bande étroite qui tourne en rond ? (sourire). Merci l’internaute, et à bientôt pour de nouvelles aventures toutes aussi apesantées ;o)

Tisseuse… Un drôle d’oiseau lunaire avec des yeux grands ouverts comme des planètes!!!! Voilà une idée qu’elle est bonne Tisseuse ! Bises

Mû… «rêve endormi ou éveillé »… C’est tout le problème dans le monde imaginaire : il n‘y a pas de frontières ! Ou alors en chocolat et autres pâtisseries bonnes comme du bon pain !
Non pas vu Clochette, ni…Crochet !… mais peut être s’est il fait savater par une experte en ronds de jambes maraveurs il n’y pas longtemps et qu’il se méfie :o) bises bises bises !!! ;o)

PS :
V.Hugo, pour ce que j’en sais de l’avoir « dévoré », était meilleur que bon. Son côté volage était certainement un dommage collatéral dû à sa littérature très envolée… A mon point de vue, il était plus passionné que méchant… (Dans la politique et dans les rapports humains. Dans ses prises de position pendant les révoltes et grognes)… Mais bon, ce n’est pas à moi de le défendre, suis un peu trop subjugué, admiratif etc… Bises Mû

Zibulinette… C’est pour ça que tu as des bisous trempés ;o) (solides et doux de tendresse) Je t’embrasse petit « cygne d’eau » ;o)

Laudith… Sur la ch’tite lune du Nord, Pas de Galets (dép.62) !!! mais des bisous gros comme ça ! Bonnes grandes évasions Laudith. Bises.

Zébu… Bravo, le voile se lève, c’est bien celui là ! Experte en citations, tu ne pouvais pas manquer de retrouver l’original ;o)… Merci de nous amener le vrai Victor… Bises Zébu !

Lucie… Tu reviens d’Egypte !!! Les visages ridés des marins, comme gravés dans la pierre sur le visage du Sphinx… ;o) Alors ? Elles étaient belles les pyramides ? Et leurs secrets, les as-tu découverts ? ;o) Bises Lucie.

Posté par Serge, 11 juin 2008 à 09:15

....

oui .elles étaient belles ces vacances.je me sentais toute petite et en admiration devant ces oeuvres gigantesques et de la culture égyptienne de l'époque...l'intelligence de ce peuple...!!je suis émerveillée....!!!!J'y retourne au mois d'octobre...
Bises Serge

Posté par Lucie, 11 juin 2008 à 11:47

je viens trop, bien trop rarement me perdre (au sens le plus beau du terme) dans ton blog ... c'est une merveille d'émotion, d'humour, de poésie.

Posté par l'arpenteur d'ét, 16 juin 2008 à 14:40

Un piti bizou en passant....
Tu n'as rien écrit sur la fête des Pères ??!!

Posté par , 17 juin 2008 à 16:01

dernier paragraphe

Et depuis, presque plus rien... c'est beau l'astronomie...

Posté par THE BEAR, 19 juin 2008 à 05:17

Océano notes.

L’Arpenteur Stellaire… Je suis bien content de t’apercevoir dans les couloirs du blog… Peut être cette joie est elle associée à ton pseudo(Ce nom représente beaucoup pour moi…), car le blog-journal Amourpointcom est disposé comme une assiette supplémentaire sur la toile (cirée ?), et la venue d’un visiteur inattendu (presque) est toujours source de sourires…

Mû… Ben non, j’ai rien écrit sur la fête des pères… C’est dû certainement à mon implication personnelle et à l’imminence du Recevoir que je ressens ce jour là… Mais j’ai donné à mon Papa ce petit quelque chose qui en fait mon complice aux yeux de beaucoup d’enfants… Bises Mû.

The Bear… C’est exactement la définition de l’astronomie !!!!
Un petit paragraphe et puis plus rien… Alors on attend et on observe pour voir ce qu’il y a plus loin… ;p
Bisanages !!

Posté par Serge, 23 juin 2008 à 12:38

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