dessine_moi

Evoluant sans cesse, lentement,
Pétrissant inlassablement la matière,
Elle est belle comment, dis, la Terre ?
Elle est belle et là depuis longtemps ?

 

Et bien voilà…

Au début il y avait le noir et les myriades du Rien
Composées de particules perdues dans l’Univers,
Quand soudain un éclair fit luire cette poussière,
Et, ensemble, toutes les molécules se figèrent !
C’est ainsi qu’elle est devenue Terre,
Un grand Tout, mais je n’en suis pas certain…

Comme un Sphinx accroupi sur son énigme,
La couvant et la retournant amoureusement,
Un Être a fait l’Homme de chair glaise, ultime !,
Lui a donné une raison en cristal vibrant,
Et lui a posé la question entêtante
De l’Humanité
A moitié pétrifiée
Et des pierres à moitié vivantes…

La Terre, une planète supportant le bruit d’une Multitude
Grouillant à sa surface, la pénétrant souvent
Pour dénicher dans ses entrailles
Les secrets de la vie d’avant…
Pillant, au hasard des hordes,
Les richesses de maintenant.

L’Homme, calqua allègrement sa force sur la Nature
Aux ronces envahissant les sous-bois,
Couronnes d’épines chevillées en croix,
« Saignant » le front des victimes de cet envahisseur
Les engloutissant, les foulant au pas de l’exterminateur.

L’Homme, de la folie qui s’en déduit,
Croix de bois, croît de l’Enfer,
Jure et crache encore qu’il peut tout faire :
Creuser des gouffres, élever des tombeaux, illuminer la nuit…

Mais il ne découvrira jamais assez tôt
Que la pomme du Jardin des Félicités
Est lui-même qu’il croque de ses crocs…
Demain, la pauvre pomme ce sera toi l’Humanité…

Alors le Sphinx en deuil, se recueillera sur ta poussière,
Maudissant ta réponse, quand il attendait les mots partage et bonheur

.

.