Se laissant glisser sur le fil de l'eau,
Funambule et Terreur sont sur un bateau.
Funambule tombe à l'eau.
Qui c’est qui reste ?


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(Croquemitaine et autres tortures mentales de soumission à l’autorité)

 Je sais bien que tout le monde s’amuse du croquemitaine.  Mais pour ma part, il m’a toujours gêné ce personnage, et je me souviens de lui quand il peuplait l'éducation des enfants…

 

Le croquemitaine qui fait peur est un artifice impalpable, mais parfaitement imaginable.
Avec force de cruauté il devient un instrument de terreur aux traumatismes incalculables, mais parfaitement décelés dans le mal-être des adultes modernes qui cèdent de plus en plus aux psychoses.
Dans l’humeur d’un adulte, ce qui est fait pour imposer, ou pire jouer, devient pour un enfant, un poison redoutable qui est comme un cube aux arêtes acérées tournant dans leur conscience aussi légère et fragile qu'une bulle de savon…

 

Le constat du croquemitaine dans les faits est implacable. L’ordre est toujours le même, du puissant, qui se veut encore plus puissant, vers les faibles pour les soumettre. Il s’agit d’une trahison cruelle, mais lâche puisque dirigée vers, ou contre un esprit innocent qui est le plus souvent en phase d’apprentissage.

Depuis toujours, depuis qu’il est né, l’Homme a cherché à se préserver des attaques extérieures, jusqu’à construire les plus hauts remparts. Et c’est enfin sécurisé, qu’il a imaginé les monstres de l’intérieur.
L’Homme a quitté une caverne pour créer des moules à gouffres de terreurs.
Chaque époque a vu naître des monstres pour asservir un peu plus à l'autorité. Monstres qui s’affaiblissaient à mesure que la transmission de leur pensée se fracassait sur une nouvelle création, qui prit un jour la forme extraordinaire d’un champignon merveilleux et atomique en déséquilibre sur le fil de la terreur.

Le croquemitaine d’antan s’accommode de beaux restes dans la société d’aujourd’hui…
Il s’est modernisé, il s’est transformé en une entité télévisée du 20 heures, qui raconte des histoires de monstres.
« Si tu manges pas ta soupe, j’allume la télé ! » Devrait on dire…

Toutes ces images, et ces pensées des adultes qui jouent avec la peur et la Terre, sont enregistrées dans la banque mémorielle de nos enfants, qui un jour…
Refuseront de manger notre soupe et n’auront plus peur…

Pourquoi ne pas dire tout simplement :
Te souviens tu de la fête des parents et du compliment que tu as rédigé ? Tu as vu le plaisir que j’ai eu quand tu me l’as offert… Et bien pour la soupe c’est pareil, c’est moi qui l’ai faite avec plein de bonheur pour te faire plaisir et ainsi qu’on se retrouve ensemble à la table de famille, qui est n’en doute pas, une vraie fête… Si tout le monde y croit…

 

PS : Billet inédit et inspiré d’un thème proposé par le site des Impromptus Littéraires…