17 févr. 2008
Bois des peines…
Se dresse un grand chêne solitaire.
Il est là, par le troupeau abandonné.
Vieil éléphant dans un cimetière…
Le soleil darde sur lui ses rayons du matin
Le blesse très cruellement en le révélant au jour.
Il est vieux, le sent plus qu’il ne le craint
Mais la sentence se répète, il l’entend tout autour.
Houlala qu’il est vieux ce chêne !
N’est il pas dangereux ou capable de l’être?
Mais de quel âge peut il bien naître ?
Tu as vu tous les trous dans le liège ?
Qui ont laissé sur son écorce les traces de mille printemps,
Creusé le tronc en d’énormes béants offerts aux minuscules
prédateurs
Ceux là même qu’il supportait, et qui maintenant ont
grignoté son cœur.
Certaines se détachent déjà quand la sève ne peut plus les
nourrir,
Sa puissance qui se jouait de la Nature, la combattait
N’est plus qu’un spectre aux ramures noires et décimées.
Pendent deux souvenirs de cordes effilochées
L’une noue encore une petite planche
Que ne balance plus rien que le vent…
Sa vieillesse est devenue sa laideur,
On lui a retiré les rires des enfants
Alors il attend…
Suppliant chaque nuée noire où se concentre la foudre
Offrant son tronc abîmé aux cieux prêts à l’absoudre
Il attend le grand sommeil pour que finissent ses illusions.
Tournoyantes dans sa tête au sommet du tronc
Là où quelques feuilles encore se dresseront,
En humbles dernières prières adressées au Végétal.
Transformé des airs vivants, nécessaires,
Il chante encore au bruissement des vents
Pour les offrir au
ciel…Là où il n’ira jamais…
J’ai ramassé des bouts de son bois mort,
Posé ma main, doucement contre son corps,
Et je lui ai dit pour le rassurer :
« Je lui raconterai au ciel, je te le promets »
« Pour que dans nos souvenirs d’enfant, tu vives
encore… »
.
Commentaires
Preum's !
Quel honneur ! Mgnifique texte. Un arbre qui meurt, c'est toujours triste, mais des arbres en pleine santé qu'on coupe puis arrache pour construire un immeuble ou un rond-point, ça me fait vomir. Les hommes sont fous. On avait une superbe bordure de platanes juste à côté de l'immeuble. Ils ont tout rasé pour agrandir les trottoirs. Allez, ne remuons pas le couteau dans l'écorce...
Un arbre qui meurt, c'est plein de souvenirs effeuillés qui ne bourgeonneront plus. Mais essayons de les garder en fleurs, alors... Bisous pleins de sève...
Ca me touche, je suis comme Idéfix : je ne supporte pas qu'on fasse du mal aux arbres :(
Imagine-toi que je leur parle !
Certains sont mes amis, et je ne manque jamais de leur rendre visite lorsque je vais dans leur région d'enracinement.
Je ne manque jamais un rendez-vous avec un certain cèdre sur le chemin du Mourre Nègre en Luberon, et je lui adresse en pensées plein d'amour.
et à toi aussi, Serge ;-)
~.~
C'est superbement beau et émouvant, ton texte donne envie de protéger cet arbre. La beauté n'a pas d'âge, qui est beau, le restera toujours dans le coeur de ceux qui l'aime...
Bisous émus, douce nuit à toi Serge.
je bois ton poème ;)
......et toutes ces forêts abattues en Europe pour faire ds vaisseaux qui ont fini sous l'eau...
mais où sont donc nos chênes d'antant.
...l'espoir de survivre
..ce vieux chêne solitaire d'une beauté extraordinaire nous donne l'exemple de la survie malgré....les blessures humaines, à résister aux orages de la vie quotidienne et le soleil...d'amour... lui donne chaque matin la force... quelle grandeur nature...
merci Serge pour ce poème émouvant...!!
De tous les animaux de la terre l'homme est sans conteste le plus grand et horrible prédateur.
Un arbre qui meurt emporte avec lui une partie de notre mémoire collective.....
Gros bisous
Voici les paroles d'une chanson de Cabrel:
L'arbre va tomber
Les branches salissaient les murs
Rien ne doit rester
Le monsieur veut garer sa voiture
Nous, on l'avait griffé
Juste pour mettre des flèches et des cœurs
Mais l'arbre va tomber
Le monde regarde ailleurs
L'arbre va tomber
Ça fera de la place au carrefour
L'homme est décidé
Et l'homme est le plus fort, toujours
C'est pas compliqué
Ça va pas lui prendre longtemps
Tout faire dégringoler
L'arbre avec les oiseaux dedans !
Y avait pourtant tellement de gens
Qui s'y abritaient
Et tellement qui s'y abritent encore
Toujours sur nous penché
Quand les averses tombaient
Une vie d'arbre à coucher dehors
L'arbre va tomber
L'homme veut mesurer sa force
Et l'homme est décidé
La lame est déjà sur l'écorce
Y avait pourtant tellement de gens
Qui s'y abritaient
Et tellement qui s'y abritent encore
Toujours sur nous penché
Quand les averses tombaient
Une vie d'arbre à coucher dehors
L'arbre va tomber
On se le partage déjà
Y a rien à regretter
C'était juste un morceau de bois
Un bout de forêt
Avancé trop près des maisons
Et pendant qu'on parlait
L'arbre est tombé pour de bon !
Y avait pourtant tellement de gens
Qui s'y abritaient
Et toutes ces nuits d'hiver
Quand les averses tombaient
T'as dû en voir passer
Des cortèges de paumés
Des orages, des météores
Et toutes ces nuits d'hiver
Quand les averses tombaient
Une vie d'arbre à coucher dehors
À perdre le nord
À coucher dehors... à coucher dehors
Arbre à cadre à bois...Formule naturellement magique ;o)
Zébu… Ah bon ? Ils ont coupé les platanes ? Mais comment vont faire les chauffards pour s’arrêter maintenant ? C’est dommage, je trouvais que cette barrière naturelle était bien pratique ;o) J’ai bien aimé ton expression « remuer le couteau dans l’écorce ». Bises Zébu ! Bises tout autant pleines que les tiennes !
Tisseuse… « Tisseuse, la femme qui murmure à l’oreille des arbres »… Dis donc Tisseuse, cet arbre du souvenir que tu affectionnes, ne serait il pas un cèdre du bilan ;o)
Bisous vous !
Laudith… Et encore Laudith, tu n’as fait pour le moment que t’arrêter consciemment à l’image de l’arbre… Il y a autre chose derrière ce tronc vieillissant… Quelque chose de plus proche de l’humain. Je ne suis pas étonné de ta réaction sur ce texte… Bisous Laudith
Carpofolo… Salut toi !!! Vi c’est un poème en bois ! Tu l’as bien vu, je suis scié ! ;o)
Pour les chênes d’antan, demande à Zébu, elle te montrera le trottoir que fabriquent des glands. Le trottoir qui est devenu leur goudron tombal… Bises Carpo !
Lucie…Très joli « l’arbre en grandeur Nature »… Vraiment très belle cette expression de mots, je suis battu à plate bande ! ;o) Merci Lucie, je t’embrasse.
LittleSun… Dès qu’on parle de la Nature, les esprits se tournent vers les assassins directs ou indirects de l’humanité. Pourtant je n’avais pas imaginé, ici, le thème de la lutte de quelques hommes pour l’INsurvie de toutes les autres espèces. Je voulais juste soutenir l’inéluctable et humiliante idée que les plus puissants sur la Terre seront boulottés de l’intérieur par les vers. Après une lente agonie qui touchera aussi nos êtres les plus chers… Et pour finir…Nous…
Mais j’adore quand tu es contre ceux qui sont contre notre avenir. Merci pour les paroles ! Bisous mon Spirit of Petit Soleil.
Transposition?
Tu serais pas devenu suicidaire déprimé?? J't'ai passé mon virus? parce que moi, j'l'ai perdu... :) ben voui... mais euhhh tu sais, t'es pas si vieux que ça (enfin... tout est relatif), mais je suis sûre que par rapport à un chêne centenaire t'es presque jeune! Mise à part ça, j'adore ton histoire PA, mm si c'est triste...
Bisounours
super beau poéme j'ai deux site ou tu peux planté un abres
http://www.petitetpuissant.fr/don/index.php?p=loreleil33@hotmail.fr
http://www.greenquizz.org/G/index.php
qui sont super
Je vous regarde beau chêne
Je vous regarde beau chêne
Quel est donc votre âge, votre tour de taille
Vous arrivez, d'un autre temps
Votre corps bosselé, craquelé, vous avez souffert par les ans.
Racontez nous, la vie d'avant.
Dites nous, si les hommes étaient aussi fou qu'à présent.
Vous semblez perdu dans notre temps.
vous avez raison de trembler.
Dans votre corps, dans vos années
Même la nature est déstabilisée.
Et pleins de bisous de zibulinette
harmonie
La fin de ton poème est dans la plus pure tradition shintoïste. La communion être humain / végétal est très présente dans cette religion ou l'harmonie a une grande importance.
A bois et à vapeurs...
Petit Ange… Dis donc espèce de Petit Ange impertinent !!!
Je vais tanner l’écorce de tes petites fesses moi t’vas voir !!! Vais faire un oreiller avec tes plumes si tu continues !!! :o))
Sinon, ce texte n’est pas de la tristesse. Il en a la couleur, mais observe bien ton visage quand tu mets ta main contre un arbre à qui tu dis qu’il restera dans tes souvenirs… Ne sens tu pas alors que tu feras vivre longtemps les bons moments passés avec lui ? C’est triste ça ? Dis moi Petit Ange ! Bises aux ours en bois ! ;o)
Mlle Terre… Ouiiii !!!! j’ai déjà joué avec les deux sites. Pas trouvé super, mais très intéressants. La prise de (bonne) conscience est plus que suggérée. Bises Mlle Terre
Zibulinette… Je savais que tu savais parler aux arbres !!! J’adore l’idée de toi dans un parc pour jouer à celui qui aura vu le plus de belles choses. Je t’embrasse Zibulinette.
Daniel…Si je suis dans une pure tradition, c’est dans celle de l’harmonie avec le végétal et aussi, plus proche de ma conviction, dans une humble communion avec la Nature. L'un étant indice-sociable de l'autre dans ce tout. Ça n’a pas été toujours le cas pour moi, mais cette prise de conscience émerge de plus en plus. Si on fait l’effort de s’y plonger je trouve que l’apaisement est toujours prenant même si la Nature développe souvent la force au détriment de la compassion. Pourquoi ne pas en faire une religion, après tout, si on n’y retrouve pas tout un tralala abrutissant et des adeptes pas trop intégristes… mais je pense que nous partageons sur ce point, la même volonté, le même besoin. Sympa ton passage Daniel.
Avant de lire les premiers commentaires, j'ai cru que tu parlais de toi (ou du moins, vers la fin du texte, d'un homme qui t'était proche, comme ton père). Du coup j'ai relu. Et je n'ai pas changé d'avis...
Je pars et je reviens
Mû…
Il y a un peu de tout dans mes textes. Il y a ce que j’y mets consciemment (et inconsciemment); puis ce qu’y découvrent les lecteurs. Tant que ça reste de belles pensées, j’apprends.
Que tu imagines ici un arbre ou mon papa ou moi, le message principal est le même, j’évoque la vieillesse inéluctable… Avec une petite touche d’encouragement et de sacré…
Bises Mû
Mû (bis)
PS :
Je tente toujours de fourguer beaucoup de messages dans chacun de mes billets, car il ne m’est pas facile de dissocier une chose qui me tient à cœur sans évoquer son implication dans d’autres domaines. Je mélange parfois mes fouillis. Avec un peu de chance, un jour j’obtiendrai du bien rangé ! ;o)
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